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En couverture du recueil
« Continue
à creuser, au bout c’est l’Amérique »,
de
Cao Kou (曹寇) :
une peinture de Sheng Qi (盛奇)
par Brigitte
Duzan, 15 février 2026
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Illustration de couverture : Most Wanted Xiao xiao,
2008 (acrylique sur toile) |
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Né en 1965
dans l’Anhui, Sheng Qi est un artiste dissident dont l’œuvre n’a
cessé de soulever des controverses. Il tend à subvertir les
images stéréotypées du pouvoir chinois diffusées par sa
propagande. Il a souligné que son œuvre n’a pas pour ambition de
divertir, ou de procurer un sentiment de plaisir ; il voit sa
peinture comme une arme à double tranchant, visant
l’international, mais aussi les problèmes spécifiques de la
Chine, et en particulier le clivage social avec enrichissement
d’une partie de la population tandis que le reste vit dans des
conditions difficiles.
Il peint les
gens ordinaires en partant de photos officielles publiées par
Xinhua ou provenant d’autres sources, en montrant combien leurs
rêves sont toujours hors d’atteinte – ce fameux « rêve chinois »
clamé par le pouvoir – alors que leurs désillusions, elles, sont
bien réelles.
Il s’est
surtout rendu célèbre en juin 1989 en se tranchant l’auriculaire
de sa main gauche en réaction aux événements de Tian’anmen, et
en enterrant son petit doigt dans la terre, chinoise, d’un pot
de fleur - un geste de colère, de protestation et de défiance
signifiant que, où qu’il aille, une partie de lui-même ne sera
jamais coupée de sa terre natale. Il a ensuite immortalisé sa
main sur fond rouge sanguinolent.
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Sheng Qi, My Left Hand (huile sur
toile, 2006) |
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Après cette
tragédie, se sentant totalement impuissant, il est parti en
Italie, puis à Paris et à Londres où il a obtenu un MFA du St.
Martins College of Art and Design en 1998. Il est resté dix ans
à l’étranger avant de revenir en Chine en 1999, rongé par la
nostalgie du pays natal. Mais il est reparti à Londres en 2010
et il y réside toujours.
Tableaux
2005-2009 :
https://www.artnet.fr/artistes/sheng-qi/2
Depuis
plusieurs années, il peint sur papier, des tableaux plus petits,
plus légers, qu’il considère comme des affiches de propagande,
avec la même subtile touche de protestation politique.
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