Auteurs de a à z

 
 
 
     

 

 

Huanzhu Louzhu 还珠楼主

1902-1961

Présentation  

par Brigitte Duzan, 30 juillet 2026

 

Huanzhu Louzhu (还珠楼主) est l’auteur de plus d’une trentaine de romans d’arts martiaux, et le créateur d’un univers spécifique de wuxia (武侠) nommé xianxia (仙侠). Il fait partie des « Cinq Maîtres de l’École du Nord de la République de Chine » (民国北派武侠四大家) avec Wang Dulu (王度庐), représentant le courant de l’héroïsme tragique (“悲剧侠情派”), Gong Baiyu (宮白羽) le courant de la satire sociale (“社会反讽派”), Zheng Zhengyin (郑证因) celui des luttes entre clans (“帮会技击派”), et Zhu Zhenmu (朱贞木) celui des amours étranges et raisonnements inductifs (“奇情推理派”).

 

Mais son importance tient surtout à l’influence qu’il a exercée sur les grands écrivains de wuxia de la génération suivante, ceux de la « nouvelle école de wuxia » : Jin Yong (金庸), Liang Yusheng (梁羽生) et Gu Long (古龙).

 

 

Li Shoumin, alias Huanzhu Louzhu

 

 

A/ Une vie de légende

 

De son vrai nom Li Shanji (李善基) et nom de courtoisie Li Shoumin (李壽民), il adopta Huanzhu Louzhu (还珠楼主) comme nom de plume, c’est-à-dire le « maître du pavillon de la perle revenue », pseudonyme inspiré d’un épisode de sa vie.

 

ü  Du Sichuan à Suzhou

 

Aîné d’une fratrie de quatre, il est originaire du district de Changshou dans le Sichuan (四川长寿县), aujourd’hui rattaché à la municipalité  de Chongqing. À l’âge de sept ans, il fait avec son père l’ascension du mont Emei (峨嵋山), l’une des quatre montagnes sacrées du bouddhisme en Chine, associée au boddhisattva Puxian (普贤菩萨), et à dix ans celle du mont Qingsheng (青城山), l’une des montagnes sacrées taoïstes, associée à l’empereur Jaune et au maître céleste Zhang Daoling (张道陵). L’enfant en est resté frappé et en a fait par la suite les lieux où se déroulent ses principaux romans.

 

Cependant, son père meurt alors qu’il a douze ans. C’était un lettré qui avait réussi l’examen impérial au niveau jinshi (进士), le niveau le plus élevé ; il avait été préfet de Suzhou mais, écœuré par la corruption qui régnait à la cour, avait préféré donner sa démission et revenir chez lui, au Sichuan, pour vivre comme tuteur privé. Il avait des connaissances approfondies d’astrologie et de divination ainsi que de médecine traditionnelle. Sa mort plongea la famille dans la misère. Sa mère, d’une éminente famille de Chengdu, est alors allée vivre à Suzhou chez un ancien élève de son mari en emmenant avec elle son fils, ses deux jeunes frères et sa sœur cadette.

 

L’enfant avait commencé à apprendre à lire et à écrire à l’âge de trois ans, révélant des talents précoces. À Suzhou, il va à l’école et étudie les arts martiaux ; c’est là aussi qu’il rencontre le premier amour de sa vie : la jeune Wenzhu (文珠), de trois ans son aînée, qui jouait merveilleusement du pipa.

 

Malheureusement, en 1921, les contraintes financières familiales obligent le jeune Li Shoumin à partir à Tianjin, pour travailler au Ta Kung Pao (《大公报》) à Tianjin, l’un des premiers journaux de Chine à la veille de la Guerre de résistance contre le Japon. Il continue de correspondre avec Wenzhu, puis la perd de vue : elle était entrée dans une maison close… Il continuera toute sa vie à penser à elle, même après son mariage. C’est en sa mémoire qu’il écrivit « L’héroïne martiale Ye Mingzhu » (《女侠夜明珠》) et qu’il adopta son pseudonyme Huanzhu Louzhu.

 

ü  et de Suzhou à Tianjin

 

À Tianjin, il devient d’abord secrétaire du commandant de la garnison locale, mais son caractère indiscipliné le rend impropre à la vie militaire : il démissionne au bout d’un an, après quoi il passe par divers emplois. Il écrit quelques articles pour le journal Tianfeng (《天风报》), et même une pièce pour l’actrice Shang Xiaoyun (尚小云). Puis il entre comme employé à la poste de Tianjin, mais, le salaire n’étant pas suffisant, il se fait engager comme précepteur des enfants de Sun Zhongshan (孙仲山), le riche propriétaire de la banque Dazhong de Tianjin (天津大中银行), qui était natif de la même localité que lui.

 

Sun Zhongshan était alors au sommet de sa gloire et avait une luxueuse résidence dans la concession britannique de Tianjin. Sa deuxième fille, Sun Jingxun (孙经询), avait six ans de moins que Li Shoumin et ne fit, au début, aucunement attention au jeune précepteur. Mais ils finirent par tomber amoureux, au grand dam du père qui semonça sa fille et limogea le précepteur. Mais ils poursuivirent leur liaison en secret, jusqu’à ce que le père l’apprenne et, furieux, frappe sa fille qui s’enfuit de chez elle. Sur quoi Sun Zhongshan fit emprisonner Li Shoumin par le conseil municipal de la Concession britannique, puis l’accusa d’enlèvement. Un procès retentissant eut lieu en novembre 1930. Sun Jingxun apparut à la barre pour proclamer qu’elle avait 24 ans et qu’elle était parfaitement capable de prendre ses propres décisions. Li Shoumin fut acquitté.

 

Le procès fit sensation et l’affaire sera plus tard la source d’inspiration du roman « Les sabots de la roue »  (《轮蹄》), ou « L’ombre du héros à la poursuite de la roue » (《征轮侠影》). Elle avait créé une haine féroce entre le banquier et son futur gendre. On devine le banquier derrière le puissant personnage sanguinaire de « l’ancêtre à la robe verte » (绿袍老祖) dans « La Légende des héros du mont Shu ».

 

Li Shoumin épousa Sun Jingxun le 5 février 1932 ; elle avait, entre autres, pour témoin Yuan Guijie (袁桂姐), la petite-fille de Yuan Shikai. Le couple alla s’installer dans une maison de la Concession japonaise de Tianjin.

 

 

Huanzhu Louzhu et son épouse

 

 

ü  Débuts d’écrivain

 

Aussitôt après son mariage, qui avait fait grand bruit à Tianjin, Li Shoumin fut contacté par le propriétaire du quotidien Tianfeng qui, se souvenant de la qualité des articles qu’il avait écrits pour le journal, lui commanda un roman à publier en feuilleton dans les pages du journal. Li Shoumin accepta sans hésiter et pensa tout de suite à un roman d’arts martiaux : il en avait lu beaucoup, se souvenait des monts Emei et Qingcheng qui offraient un cadre idéal, et c’était à la mode. Il lui restait à trouver un nom de plume, et c’est Sun Jingxun qui le lui suggéra, connaissant l’amour de jeunesse de son époux. « La Légende des héros du mont Shu » commença à paraître durant l’été 1932, signé Huanzhu Louzhu.

 

Les ventes du journal montèrent en flèche. Peu de temps plus tard, le libraire-imprimeur Lili de Tianjin (天津励力印书局) publia un recueil des épisodes parus qui eut aussi beaucoup de succès. Huanzhu Louzhu était lancé et ne cessa pas d’écrire jusqu’à la fin des années 1940, accumulant les titres et les succès. Après les « Chroniques étranges de la mer de nuages » (《云海争奇记》), il alla s’installer à Beiping, comme s’appelait alors Pékin.

 

ü  Torturé par les Japonais

 

Quand la capitale fut envahie par les Japonais, il avait publié huit romans et il était aussi célèbre à Beiping qu’à Tianjin, mais sa renommée lui attira des ennuis. On lui proposa de travailler à la radio du régime fantoche, ce qu’il refusa. Puis Zhou Zuoren (周作人) lui-même [1], qui était alors à la tête du Bureau de l’éducation du Nord de la Chine pour le compte des Japonais, tenta de le persuader de le rejoindre, mais de nouveau en vain. Finalement, Huanzhu Louzhu fut accusé d’être à la solde des ennemis des Japonais à Chongqing ; il fut arrêté et jeté en prison où il resta 70 jours, soumis à toutes sortes de tortures.

 

Quand il fut relâché, il n’était plus que l’ombre de lui-même ; ses yeux, surtout, avaient beaucoup souffert : il ne pouvait plus lire que des gros caractères et dut dicter ses romans à un secrétaire.

 

Il préféra s’éloigner un temps de la capitale et partit, seul, à Shanghai où il était encore peu connu. Il dut vendre sa maison pour vivre.

 

ü  Nouveau départ à Shanghai

 

Il fut découvert par l’éditeur Lu Zongzhi (陆宗植) de la librairie Zhengqi (上海正气书局) qui lui fournit un logement et l’invita à continuer à écrire en lui offrant de publier ses romans. Ce fut une nouvelle période créatrice pour lui : il écrivit là une vingtaine de romans, comme « La Légende des étranges personnages de Wudang » (《武当异人传》), « Les ermites du lac des Saules » (《柳湖侠隐》), « Les Sept nains du mont Emei » (《峨眉七矮》), etc. Il donna également deux suites à son roman du mont Shu : « La nouvelle légende des héros du mont Shu » (《蜀山剑侠新传》) et « La suite de la légende des héros du mont Shu » (《蜀山剑侠后传》).

 

Le succès de ces romans à Shanghai dépassa celui que Huanzhu Louzhu avait connu à Tianjin et à Beiping. Ils déclenchèrent une véritable fièvre, la « fièvre Huanzhu » (“还珠热”). De véritables queues devant les librairies attendaient la sortie d’un nouvel épisode du feuilleton en cours. Son roman « La Légende des héros du mont Shu » fut adapté en opéra de Pékin. Il poursuivait l’écriture de plusieurs romans à la fois, en dictant plus de dix mille caractères par jour, ce qui témoigne de son talent et de son exceptionnelle mémoire. Mais ce rythme de travail se solda aussi par des conséquences sur sa santé : il est devenu opiomane.

 

ü  Après 1945

 

À la fin de la guerre, il put enfin faire venir sa famille à Shanghai. Il était alors à l’apogée de sa carrière. Mais les coûts avaient augmenté et rendaient difficile l’édition de ses romans, et soudain, l’arrivée des communistes au pouvoir changea totalement la donne : les romans d’arts martiaux furent considérés comme dangereux pour la nation, et les libraires durent les retirer des étagères. Huanzhu Louzhu cessa d’écrire. Il passa ses dix dernières années à Pékin, en travaillant comme scénariste pour diverses troupes d’opéra de Pékin, à Shanghai et à Pékin, en signant du nouveau pseudonyme de Li Hong (李红).

 

 

Huanzhu Louzhu et son épouse à Pékin en 1954

 

 

Mais il était anxieux, comme soumis à une pression invisible, hanté par son œuvre passée : il brûla tous ses romans et en 1956 publia une autocritique dans les journaux en déplorant tout ce qu’avaient d’absurde ses intrigues où dominait le surnaturel. Malgré tout, il fut rattrapé par ses détracteurs : en juin 1958 parut dans le journal littéraire Wenyi xuexi (《文艺学习》) un article intitulé « Ne laissez pas Huanzhu Louzhu continuer à répandre son poison » (《不许还珠楼主继续放毒》), typique des campagnes de dénonciation de l’époque.

 

Il eut une hémorragie cérébrale et resta hémiplégique, condamné à ne pouvoir quitter son lit pendant plus de deux ans. C’est alors, en 1960, qu’il dicta sa biographie du poète Du Fu (杜甫), le décrivant à la fin de sa vie « réduit à la misère et mourant, malade, sur son bateau » (“穷愁潦倒,病死舟中”).  

 

Il mourut, le 21 février 1961, à peine âgé de 59 ans, comme Du Fu.

 

B/ Une œuvre prolifique, une influence durable

 

Huanzhu Louzhu est l’auteur de 36 romans d’arts martiaux dont le plus célèbre, « La Légende des héros du mont Shu » (《蜀山剑侠传》), et onze relevant plus spécifiquement du xianxia (仙侠), parmi lesquels « Les Neuf héros de Qingsheng » (《青城十九侠》).

 

ü  La Légende des héros du mont Shu 

 

Le roman est paru en feuilleton dans le quotidien de Tianfeng (《天风报》) à partir de l’été 1932, et il en était à son 55e épisode à la fin des années 1940 ; mais, les romans d’arts martiaux étant voués aux gémonies par les communistes et Huanzhu Louzhu ayant cessé d’écrire après la fondation de la République populaire, le roman est resté inachevé, ce qui est le cas aussi de nombreux autres.

 

 

La Légende des héros du mont Shu

 

  

La secte Emei (峨眉派) est au centre du récit qui se déroule selon deux lignes narratives parallèles : les histoires de la jeune génération autour du « troisième combat à l’épée d’Emei » (第三次峨眉斗剑) et les « calamités infligées aux immortels pendant cinq siècles » (五百年神仙大劫) pour qu’ils puissent vraiment atteindre le degré ultime de l’immortalité. Les deux principaux protagonistes sont Li Ning (李宁) et sa fille Li Yingqiong (李英琼) qui se sont enfuis au Sichuan. Li Yingqiong obtient l’épée pourpre de Ying (紫郢剑) et entre dans la secte Emei ; elle s’adjoint deux groupes de disciples, les « Trois héroïnes et deux nuages » (“三英二云”) et les « Sept nains » (“七矮”), pour combattre des êtres maléfiques comme l’Esprit sanguinaire (血神子) et l’Ancêtre à la robe verte (绿袍老祖). Ils éliminent les démons et font régner la justice tout en aidant les immortels errants à venir à bout de leurs tribulations.

 

Le roman est typique du style de Huanzhu Louzhu, qui découle des chuanqi des Tang et de l’image de la nüxia véhiculée par ces histoires : des combattantes aux pouvoirs magiques, des êtres hors du commun (Yiren 異人) aux extraordinaires capacités martiales, issus de l’imaginaire taoïste et luttant contre le mal sous toutes ses formes. Le surnaturel domine la narration. C’est la caractéristique du xianxia (仙侠), ce monde des immortels imaginé par Huanzhu Louzhu dont le mont Shu - Shushan 蜀山 - est devenu synonyme.

 

ü  Le xianxia et la série de Qingsheng 

 

Le xianxia (仙侠) est un univers d’êtres transcendants, animés par le sens de la justice et la défense du bien (xiá ), qui tendent à l’immortalité (xian ). Ils disposent de pouvoirs surnaturels pour vaincre leurs adversaires, fantômes et revenants (gui ), démons (mo ),  monstres (yao ou yaoguai 妖怪) et autres esprits maléfiques. On est là au-delà de l’étrange, dans un contexte carrément fantastique issu du zhiguai (志怪小说) [2], qui s’est développé en histoires « de dieux et de démons » (shenmo xiaoshuo 神魔小说).

 

Huanzhu Louzhu a développé ce genre à partir du roman « Les dix-neuf héros du mont Qingcheng » (《青城十九侠》) sérialisé à partir de mai 1935 dans le Nouveau quotidien de Beiping (《新北平报》), et ensuite édité d’abord par la librairie Lili de Tianjin (天津励力出版社), puis à Shanghai par la librairie Zhengqi (正气书局). Le dernier volume est publié en novembre 1947. Le roman a été réédité en six volumes en novembre 1998.

 

 

Les dix-neuf héros du mont Qingcheng, éd. 1998 山西人民出版社

 

 

Le mont Qingsheng est l’autre montagne sacrée du Sichuan que Huanzhu Louzhu avait découverte enfant. Dans le roman, la secte qui s’y est établie a décidé de n’accepter que dix-neuf disciples, hommes et femmes, pour se consacres à cultiver l’immortalité en luttant pour éliminer les esprits mauvais.

 

ü  Principales publications

(dont un grand nombre ont été rééditées dans les années 1990)

 

Dans la série Shushan

 

- « La nouvelle légende des héros du mont Shu » (Shushan Jian Xia Xin Zhuan《蜀山剑侠新传》) en quatre volumes, publiés entre mars 1947 et mai 1948 à Shanghai par la librairie-imprimerie Baixin (上海百新书店) ;

 

 

La nouvelle légende des héros du mont Shu

 

 

- « La suite de la légende des héros du mont Shu » (Shushan Jian Xia Hou Zhuan 《蜀山剑侠后传》) en dix volumes, mais les cinq derniers sont des faux : en raison du changement intervenu dans le contexte politique, l’écriture a été interrompue au cinquième volume.

 

 

La suite de la légende des héros du mont Shu, éd. 1998

 

 

- « Les sept nains du mont Emei » (Emei Qi Ai 《峨嵋七矮》)

- « La biographie du Maître au longs sourcils » (Changmei Zhenren Zhuan 《长眉真人传》)[3]

 

Dans la série Qingcheng

 

- « Les dix-neuf héros du mont Qingcheng » (Qingcheng Shijiu Xia《青城十九侠》) en quatre volumes.

 

Romans seuls

 

- « Les étranges histoires de la mer de nuages » (Yunhai Zhengqi Ji 《云海争奇记》). 1938-1947.

- « Le héros volant du Tianshan » (Tianshan Fei Xia 《天山飞侠》). 1943-1944.

- « Les ermites du lac des Saules » (Liu Hu Xia Yin 《柳湖侠隐》).  1946-1948.

- « Les héros du grand désert » (Da Mo Yingxiong 《大漠英雄》). 1948-1949.

- « Les héros cachés des terres sauvages » (Manhuang Xia Yin 《蛮荒侠隐》). 1934-1941.

 

 

Les étranges histoires de la mer de nuages, éd. 1990

 

 

Autres récits

 

- « L’enfant noir » (Hei Hai’Er《黑孩儿》)

- « Les quatre amis du mont du Dragon » (Long Shan Si You《龙山四友》)

- « L’héroïne et la perle de la nuit » (Nüxia Ye Mingzhu 《女侠夜明珠》)

- « Chronique du massacre du dragon de la mer du Nord » (Beihai Tu Long Ji 《北海屠龙记》)

- « Les 14 héros de la Porte verte » (Qing Men Shi Si Xia 《青门十四侠》)

- « Le héros solitaire à dix mille lis à la ronde » (Wan Li Gu Xia 《万里孤侠》)

- « La légende de l’étrange personnage de Wudang » (Wudang Yiren Zhuan 《武当异人传》)

- « Les sept jeunes filles de Wudang » (Wudang Qi Nü《武当七女》 )

 

 

Wudang Yiren Zhuan / Wudang Qi Nü, éd. août 2017

 

 

Autres publications

 

- « La biographie de Yue Fei » (《岳飞传》) : biographie du célèbre général patriote de la dynastie des Song.

- « Du Fu » (《杜甫》), biographie romancée du poète des Tang.

 

C/ Une place reconnue dans l’histoire littéraire

 

ü  Influence

 

Huanzhu Louzhu a exercé une grande influence sur l’évolution de la littérature de wuxia, à commencer de son vivant sur Zhu Zhenmu (朱贞木) qui était son collègue au bureau de poste de Tianjin et qui a commencé à écrire en 1934 à son instigation.

 

Mais son influence est notable surtout sur les auteurs de la génération suivante, celle de la Nouvelle école de wuxia (新派武侠小说) - Jin Yong (金庸), Liang Yusheng (梁羽生) et Gu Long (古龙) - qui ont reconnu son influence, à des titres divers, mais particulièrement dans la construction et la périodisation des récits et l’importance donnée aux personnages féminins.

 

Après une éclipse pendant la période maoïste, il a été redécouvert à partir des années 1980, mais surtout dans les années 1990 qui ont vu une série de rééditions de ses romans. En 2004, il a été nommé « personnage historique éminent de la ville de Chongqing » (重庆历史名人)

 

Cependant, il a connu une véritable renaissance au 21e siècle, en particulier à travers les thèmes de xianxia dans les romans sur internet (démons, esprits et bestiaire fantastique, cosmologie taoïste et recherche de l’immortalité), mais aussi les histoires fantastiques au cinéma et à la télévision, dont celles adaptées de ses propres œuvres.

 

En avril 2026, le tournage d’une série documentaire intitulée « Huanzhu Louzhu » (《还珠楼主》) a été lancé dans sa ville natale de Changshou.

 

 

Lancement du documentaire « Huanzhu Louzhu »

 

 

C’est un documentaire en 4 épisodes qui, en partant de son roman représentatif, « La Légende des héros du mont Shu », offre un parcours de sa vie et de son œuvre en soulignant sa place dans l’histoire littéraire ainsi que sa contribution à l’opéra de Pékin :

- le premier épisode, « Les merveilles du mont Shu » (《蜀山奇观》), analyse les innovations du roman « La Légende des héros du mont Shu » ;

- le deuxième épisode, « Établissement d’une lignée » (《开宗立派》), retrace les antécédents qui ont influé sur son œuvre en citant des déclarations de maîtres d’arts martiaux ;

- le troisième épisode, « Le talent dans l’art de l’opéra chinois » (《梨园匠心》), revient sur sa contribution souvent méconnue à la mise en scène et à la réforme de l’opéra de Pékin ;

- le quatrième épisode, enfin, « L’esprit héroïque d’un chevalier de la littérature » (《文侠英风》), fait ressortir les multiples facettes de sa personnalité et explique les raisons du haut niveau atteint par son art littéraire.

 

ü  Nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision

 

Sa nouvelle notoriété aux 20e et 21e siècles transparaît à travers les adaptations à l’écran de ses romans, à commencer par le premier, « La Légende des héros du mont Shu ».

 

Les droits du roman ont été acquis par le studio des Shaw Brothers à Hong Kong. Mais les deux films les plus célèbres adaptés du roman sont ceux réalisés par Tsui Hark (徐克) :

 

- Zu, les Guerriers de la montagne magique (《新蜀山剑侠》), film cantonais produit par la Golden Harvest, sorti en 1983, qui accentue le fantastique avec des effets spéciaux un peu obsolètes aujourd’hui.

 

 

Zu, les Guerriers de la montagne magique

 

 

- et « La Légende de Zu » (《蜀山传》) sorti en 2001, comme un remake du précédent.

 

 

La Légende de Zu

 

 


 

[1] Le frère de Lu Xun. Sa collaboration avec les Japonais lui vaudra une peine de prison de dix ans après la guerre.

[2] Avec pour œuvre représentative le roman « « À la recherche des esprits »  (Sousheniì《搜神記》).

[3] Zhenren (真人) étant un terme taoïste que l’on trouve dans le Zhuangzi suggérant un être supérieur en constante transformation pour atteindre un niveau supérieur de perfectionnement, il est à prendre chez Huanzhu Louzhu au sens d’être « authentique » (zhen ) et maître spirituel.

 

     

 

 

 

 

     

 

 

 

© chinese-shortstories.com. Tous droits réservés.