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Hao Ran  浩然

I. Présentation

par Brigitte Duzan, 4 mai 2018

 

La meilleure introduction à Hao Ran est celle que nous a laissée Michelle Loi dans sa préface aux « Enfants de Xisha », écrite en décembre 1975 [1] :

 

« Hao Ran est l’écrivain le plus célèbre de la Chine d’aujourd’hui [donc fin 1975], …un écrivain « professionnel » qui ne ressemble pas à ceux d’hier : c’est un écrivain du peuple, un écrivain qui est paysan, un paysan qui est écrivain. Comme des milliers et des milliers d’autres, non pas unique, mais exemplaire. »

 

Au début de la même préface, pour mieux faire comprendre ce caractère exemplaire, elle définit ce qu’il faut entendre par écrivain du peuple :

 

« L’écrivain du peuple, ouvrier, paysan ou soldat, est

 

Hao Ran

né sur le passage de l’Armée Rouge, puis dans les zones des soviets qu’elle libérait. La politique culturelle de la République populaire de Chine lui donne son statut et le met au premier rang après 1949, les « Cent Fleurs » et le Grand Bond lui permettent une avancée triomphante où l’on devine qu’il va passer dans les « professionnels », les « spécialistes » de la littérature. Mais c’est la Révolution culturelle seulement qui lui donne les conditions d’une existence massive. C’est le mouvement de critique contre Lin Biao et contre Confucius [2], prolongé dans la lutte « contre le droit bourgeois », qui assure sa victoire et lui donne un caractère dont il semble bien qu’il soit définitif. »

 

L’écrivain du peuple n’est pas un spécialiste de l’écriture, c’est celui qui y est venu « de toute sa bonne volonté militante » pour tenir au mieux sa place dans les luttes du front culturel, entendues comme un aspect des luttes sur le front politique.

 

Tel est Hao Ran, écrivain du peuple par excellence, et tellement exemplaire qu’il est devenu une sorte de mythe : le seul écrivain à avoir été publié pendant la Révolution culturelle. Il n’est pourtant pas unique, mais bien écrivain modèle à l’instar des opéras modèles, comme l’a dit Mao Dun (茅盾) qui a parlé d’une période dominée par « huit œuvres modèles et un écrivain » (八个样板戏一个作家).

 

Légende dorée

 

Petit paysan pauvre…

 

De son vrai nom Liang Jinguang (梁金广), Hao Ran était fils de paysan pauvre. Né en 1932, il perd son père à l’âge de neuf ans, et va vivre avec sa mère chez un oncle, dans un village du district de Ji (Jixian 蓟县), dans le Hebei – nom qui dénote d’ailleurs la pauvreté originelle de l’endroit, signifiant "chardon".

 

Il a eu juste le temps d’étudier trois ans dans la petite école locale quand sa mère meurt ; il a douze ans. L’année suivante, en 1945, il s’engage aux côtés des troupes de Mao quand celles-ci traversent la province. En 1946, à l’âge de quatorze ans, il devient chef de la Ligue des enfants et participe à la Réforme agraire dans son village.

 

Il devient membre du Parti en novembre 1948. Un an plus tard, c’est l’avènement de la République populaire. Il va désormais être nourri et éduqué par le Parti. Mais il n’est pas tout de go formé pour être écrivain, il travaille d’abord comme « militant dans les rangs du mouvement de masse pour la production », dira-t-il lui-même dans l’un de ses nombreux articles autobiographiques [3].

 

… promu écrivain

 

Or, un soir, c’est à la porte de ce jeune militant paysan que frappe le responsable local du Parti, pour lui faire part d’un projet de « semaine de propagande » visant à promouvoir le mouvement de masse pour la production ; et il demande au jeune garçon éberlué d’écrire un petit sketch à interpréter en public.

 

Hao Ran est un paysan inculte ; il n’a même pas lu le texte fondateur de 1942 des Causeries du Forum de Yan’an (il ne le lira qu’en 1952) ; mais, avec trois ans d’école primaire, il est le plus instruit des paysans autour de lui. C’est surtout, certainement, l’un des plus actifs des militants locaux ; c’est à ce militant que s’adresse le chef venu frapper à sa porte, et c’est en paysan que Hao Ran comprend intuitivement ce qu’il veut.

 

Il est pourtant aussitôt inquiet et réticent : comment écrire une pièce quand on connaît juste quelques caractères ? Réticence que le chef balaie du revers de la main : l’ignorance n’a jamais été une excuse valable pour un militant ou un combattant ; pour les besoins de la révolution, on doit apprendre ce qu’on ne sait pas faire. Voilà donc Hao Ran promu écrivain du peuple.

 

Il se décrit, le jour suivant, assis en tailleur sur son kang, griffonnant la première ébauche de sa pièce : une description de la lutte dont il a lui-même été le témoin dans son village, entre les combattants de la production et les saboteurs de toutes sortes, agissant à visage découverte ou en secret. Le surlendemain, avec trois de ses camarades, il construit une petite plateforme de terre sur laquelle ils jouent la pièce, lui-même interprétant le rôle d’une jeune héroïne : triomphe.

 

Non seulement la pièce attire les paysans des villages alentour, mais elle s’enrichit des discussions qu’elle fait naître et qui viennent éclairer des points obscurs.

 

L’expérience le pousse à continuer, en affinant son écriture. Il multiplie dès lors les pièces de théâtre, les poèmes et les nouvelles ; ses textes sont récités, joués, affichés sur les journaux muraux dans les villages. Il décide de consacrer sa vie à la littérature, mais c’est pour continuer le combat avec les paysans ; il ne songe pas à écrire pour écrire, mais pour « unir et éduquer ».


Ecrivain du peuple

 

Années 1950 : de la Révolution aux Cent fleurs et au Grand Bond

 

A l’automne 1949 est fondé le Journal de la jeunesse du Hebei (《河北青年报》) : Hao Ran en est nommé correspondant et c’est dans ce journal que paraissent ses premiers textes, dans lesquels il dépeint avec fougue et passion les mille et un détails de la vie autour de lui. Puis il est envoyé poursuivre ses études au chef-lieu du district, à l’Ecole de la Ligue de la jeunesse du Hebei.

 

En 1953, il est nommé à un poste d’enseignant à l’Ecole du Parti de la préfecture de Tongxian (通县). En 1954, il devient journaliste au Quotidien du Hebei (《河北日报》) et publie dans le supplément des lettres et des arts (文艺副刊) de ce journal.

 

En même temps, il participe aux réformes rurales : mise en place de la politique d’achats groupés, des groupes d’entraide et des coopératives agricoles – autant d’expériences qui seront une riche source d’inspiration par la suite.

  

En septembre 1956, il est transféré à Pékin, comme journaliste du Journal de l’amitié (《友好报》). C’est la période des « Cent fleurs », mouvement de libéralisation lancé en mai 1956, confus et complexe dans ses tendances et ses manifestations, dont Deng Xiaoping dira fin 1957 dans son « Rapport sur le mouvement de rectification » : « Dans le grand débat des « Cent fleurs », nous avons allumé un brasier pour consumer à la fois nos ennemis et nos propres faiblesses. ».

 

Toute la Chine se met à écrire, dit Michelle Loi [4], les groupes de création littéraire se multiplient dans les communes, les usines, les écoles. Hao Ran est de ceux que le mouvement aide à sortir de l’ombre. C’est alors qu’il publie sa première nouvelle, dans le numéro de novembre 1956 du Journal des lettres et des arts de Pékin (《北京文艺》) dont Lao She (老舍) est le rédacteur en chef : « Les pies sur la branche » (《喜鹊登枝》). Cette nouvelle est suivie d’une série d’autres dépeignant la vie dans les villages.

 

Les pies sur la branche (1ère publication, numéro de novembre 1956 du Journal

des lettres et des arts de Pékin)

  

Les pies sur la branche

(édition décembre 1959)

 

Mais ce n’est pas sans retour de bâton, lorsque les sommités des cercles littéraires et du monde de l’édition, effarés par l’afflux de manuscrits, reprennent quelque autorité. Hao Ran prépare un grand roman, on lui dit qu’il n’a pas le niveau technique pour cela. Il rentre dans son village profondément ébranlé dans ses certitudes. Il est alors réconforté par le chef de sa coopérative qui s’occupe de diffuser ses écrits avec les moyens à sa disposition : sur les tableaux noirs et les journaux muraux.

 

A la chute de la « ligne noire », il peut être édité : son premier recueil de nouvelles est publié le 1er mai 1958, sous le titre de la première, « Les pies sur la branche ». C’est le début du Grand Bond en avant, qui donne une impulsion nouvelle aux écrivains du peuple.

 

Hao Ran est consacré. En 1961, il est nommé rédacteur du supplément des lettres et des arts de la revue Drapeau rouge (《红旗》) [5].


1960-1965 : Jours ensoleillés

 

A la fin de 1962, il entreprend l’écriture de son grand roman en trois volumes basé sur sa vie et son expérience du mouvement de coopérative agricole dans le district de Changle, dans le Shandong (山东省昌乐县) : « Jours ensoleillés » (《艳阳天》).  Le premier volume est publié en 1964, les deux autres en 1965. Entre-temps, en octobre 1964, il est entré à l’Association des écrivains chinois et il est devenu écrivain professionnel.

 

Mais il avait en fait commencé l’écriture du roman dès 1957, sans cependant parvenir à maîtriser son sujet. Ce n’était pourtant pas la matière qui lui manquait. Il part d’une histoire vécue : une nuit, des paysans « moyens-aisés » avaient forcé la serrure du grenier de la coopérative pour voler des grains, mais ils avaient été stoppés par des paysans qui montaient la garde et les avaient mis en fuite.

 

Jours ensoleillés,

édition originale en deux volumes

Hao Ran écrit le brouillon d’une nouvelle, et, comme à son habitude, le fait lire à ses camarades, qui restent de marbre. Il multiplie les brouillons sans plus de succès. Le secrétaire de la cellule du Parti lui dit que les ennemis, dans son récit, ne sont pas assez agressifs et le peuple pas assez fort. 

 

Ce n’est qu’en 1962 qu’il trouve ce qui lui fait défaut, lorsque Mao, reprenant les rênes du pouvoir après le désastre humanitaire provoqué par le Grand Bond en avant, prononce sa fameuse phrase « N’oubliez jamais la lutte des classes » à la 10ème session plénière du Comité central du VIIIème Congrès. De 1957 à 1962, Hao Ran avait écrit une centaine de nouvelles, publiées en une douzaine de recueils, en pensant que ce dont il avait besoin, c’était d’améliorer ses techniques d’écriture et son niveau artistique. En 1962, il reprend la plume avec un outil idéologique supplémentaire : les contradictions au sein du peuple et la lutte des classes.

 

Jours ensoleillés en lianhuanhua

 

L’histoire se passe au moment de la moisson de l’été 1957, dans un village proche de Pékin, Dongshanwu (东山坞), qui venait d’être organisé en coopérative. Avant la moisson, deux conceptions opposées s’affrontent pour partager la récolte : les uns veulent partager le blé proportionnellement à la quantité de terre possédée, les autres en proportion de la quantité de travail de chacun. De manière typique dans les récits postérieurs à 1962, le promoteur de la première conception est un ennemi de classe masqué qui ne soutient les masses qu’en apparence, ne pensant qu’à

ses profits personnels et voulant en réalité restaurer le capitalisme. Il est soutenu en secret par l’ancien propriétaire foncier. C’est à cette situation typique de la lutte des classes qu’est confronté le jeune secrétaire de la cellule du Parti du village, Xiao Changchun (萧长春), également chef de la coopérative. 

 

« Jours ensoleillés » est le dernier grand roman à être publié avant la Révolution culturelle, et le premier à être réédité après (neuf rééditions de 500 000 exemplaires en quatre ans). Il était tellement populaire qu’on l’offrait dans les communes en signe d’amitié, enveloppé dans du satin ou de la soie rouge.

 

1966-1976 : la Révolution culturelle

 

Au début de la Révolution culturelle, nous disent ses biographes, Hao Ran est nommé vice-président du Comité préparatoire de la Révolution culturelle de Pékin. Puis, lorsque celui-ci est dissous, il est envoyé à la campagne pour y être « rééduqué ». En fait, il semble n’avoir pas pris une part active aux événements et être resté un peu à l’écart du mouvement. Quoi qu’il en soit, il cesse d’écrire pendant cinq ans, et, quand il reprend la plume, c’est sous l’influence de l’idéologie nouvelle, et c’est une nouvelle étape dans son œuvre, marquée par un nouveau roman.

 

En 1970, il va travailler six mois dans la commune de Zhoukoudian (周口店), près de Pékin, et, à son retour dans la capitale, commence à écrire le premier des quatre volumes de ce second roman : « La grande voie radieuse » (《金光大道》) ; il est publié en mai 1972 et il s’en vend plus de quatre millions d’exemplaires la première année.  Il sera baptisé « roman modèle de la Révolution culturelle ». 

 

Hao Ran y reprend les grands thèmes de « Jours ensoleillés », la collectivisation des années 1950 et les conflits des années 1960, mais avec un accent particulier sur le thème de la lutte des classes. Il y a toujours, comme dans les nouvelles de l’époque, quelque ennemi caché et fourbe, nostalgique du passé « féodal » et complotant dans l’ombre pour faire échouer les nobles tentatives des paysans attachés à la Révolution, y compris en sabotant les récoltes.

 

En même temps, il recourt de manière encore plus systématique que pour ses récits précédents aux conseils et avis de ses « camarades paysans ». Ecrivain et lecteur doivent plus que jamais s’unir pour mieux servir la révolution. Hao Ran fait circuler ses brouillons dans les

 

La grande voie radieuse, en 4 volumes

communes rurales et dans les usines aussi bien que parmi les écrivains de l’Association. Il reçoit commentaires et critiques, discute avec ses interlocuteurs. Son roman – a-t-il expliqué [6] - reflète la réflexion collective, et le désir de chacun de rester fidèle à la vérité de leur histoire : celle du triomphe de la Révolution, nécessitant un combat vigilant pour la défendre et la protéger.  Les villages deviennent ses « bases », de réflexion, d’écriture et de partage. 

 

La grande voie radieuse en lianhuanhua

 

L’œuvre littéraire prend ainsi une autre dimension, en dépassant la subjectivité de l’auteur, son imaginaire personnel. L’écrivain se fait penseur et politologue, mais au service de la classe révolutionnaire. Il est frappant de voir ainsi l’œuvre de Hao Ran évoluer avec l’idéologie du moment, avec des étapes décisives correspondant à des tournants politiques : après 1952 et la découverte du discours de Yan’an, 1956 et les Cent Fleurs, 1962 et l’appel à ne pas oublier la lutte des classes, 1970 est l’année du mouvement Yida sanfan (一打三反), soit « une chose à abattre,

trois à combattre » - une des campagnes peu connues de la période, menée une fois encore contre l’anarchie généralisée dans la production, surtout industrielle, les trois choses à combattre étant la corruption, les détournements et le gaspillage ; elle a mené à l’arrestation officielle de quelque trois cent mille « renégats, agents spéciaux et contre-révolutionnaires ».  

 

C’est cette atmosphère délétère de chasse aux sorcières que reflète le livre, dans le contexte rural, et c’est l’un des attraits de la narration pour le lecteur, comme une sorte de suspense. Mais l’autre attrait vient du style, de la langue utilisée, en particulier dans les dialogues : la langue reste du putonghua, mais réussit à capturer des accents de dialectes des plaines du nord, malgré la langue de bois marxiste par ailleurs.

 

En même temps, Hao Ran écrit aussi des nouvelles, ainsi que des histoires pour enfants. En 1974, il publie « Les enfants de Xisha » (西沙儿女), autre sommet de son art narratif, cette fois dans la veine nationaliste : le récit reflète l’exaltation patriotique née de l’invasion des îles de Xisha (ou archipel des Paracels) le 15 janvier 1974 par les troupes de Saïgon – invasion aussitôt repoussée par les soldats chinois.

 

Le récit est en deux parties, deux nouvelles moyennes : Zhengqi (正气篇) et Qizhi (奇志篇). La première des deux parties est publiée en juin 1974, mais le manuscrit a été achevé à la fin du mois de mars, ce qui traduit bien la fièvre dans laquelle il a été écrit, que l’on sent dans le style, vif et rapide. Hao Ran a pourtant pris le temps d’étudier les lieux et les événements, et ses descriptions de la végétation tropicale, par exemple, montrent bien le travail qu’il a fait pour se documenter.

 

Les enfants de Xisha

 

C’est l’histoire d’une guérilla, et, comme dans ses deux grands romans précédents, le récit est construit autour d’une figure de héros, le jeune Cheng Liang, en butte à la rapacité et à la cruauté des patrons-pêcheurs. La lutte des classes est encore le thème principal, sur fond de patriotisme et de résistance aux réactionnaires du Guomingdang aussi bien qu’à l’envahisseur, anglais, japonais ou vietnamien. Car tous ces patriotes sont unis en pensée, sous la constellation de la Grande Ourse, par leur proximité de… Yan’an, là où se trouve « le timonier du peuple chinois, le sauveur des pauvres ».

 

Hao Ran est au sommet de sa carrière. Le 1er octobre 1974, à Pékin, témoigne Michelle Loi [7],

« j’ai vu les derniers romans de Hao Ran s’envoler dans toutes les mains, sur les comptoirs de vente installés dans les parcs pour offrir les nouveautés, pris d’assaut. Dans les salles de cinéma, la foule des petits et des grands admirait les héros de « Jours ensoleillés ». Dans la grande salle de réception de l’Assemblée nationale, une place, cependant, restera vide … : celle de Hao Ran, écrivain et député du peuple chinois. Il est resté, me dit-on, passer les fêtes dans une de ses « bases », avec les paysans ses camarades. »

 

En 1976, il est le seul représentant des cercles littéraires parmi les deux cents membres du Comité funéraire admis à veiller la dépouille du président Mao.

 

Après la Révolution culturelle

 

Au lendemain de la chute de la Bande des Quatre, cependant, il traverse une période difficile. En 1978, accusé d’avoir été un suppôt de la Bande des Quatre, il est disqualifié comme représentant du peuple à la séance d’ouverture du Vème Congrès.

  

Le monde ordinaire

 

Mais cela ne dure pas. Dès 1979, il participe à la 4ème Conférence nationale des écrivains et, dans les années suivantes, voyage dans toute la Chine pour des rencontres avec paysans et représentants du gouvernement.

 

Pendant l’hiver 1986, il s’installe avec sa femme dans la ville-district de Sanhe, dans le Hebei (河北省三河). Nommé vice-gouverneur puis, à l’automne 1987, gouverneur du bourg de Duanjialing (段甲岭镇), il y gagne une nouvelle expérience de la vie à la campagne et continue à écrire. En 1987, il publie un roman, « Le monde ordinaire » (《苍生》), qui reflète les grands changements intervenus dans l’agriculture et la société rurale chinoises dans les années 1980. En février 1990, le roman est couronné du prix littéraire décerné par la municipalité de Pékin dans le cadre des célébrations du 40ème anniversaire de la fondation de la République populaire.

 

Cette même année 1990, Hao Ran est nommé, à sa création, Président de la Fédération des lettres et des arts de Sanhe. En 1991, il lance une revue trimestrielle : « Littérature du Monde ordinaire » (《苍生文学》).

 

En 1999, le roman « Jours ensoleillés » figure parmi les cent meilleurs romans du siècle sélectionnés par la revue hongkongaise « Asia Weekly », pour sa peinture vivante et en profondeur de la vie rurale en Chine.


En 2000, gravement malade, Hao Ran dicte son « Autobiographie orale » (
《浩然口述自传》), qui vient compléter sa trilogie autobiographique : « Une terre heureuse » (《乐土》), « Les sources de la vie » (《活泉》) et « Un rêve devenu réalité » (《圆梦》).

 

En juin 1993, il avait eu un premier accident vasculaire cérébral. Le 11 novembre 2002, il en a un second, très grave ; il est hospitalisé dans le coma et ne s’en remettra pas. Il meurt le 20 février 2008, à l’âge de 76 ans. Mais la légende survit.

 

Autobiographie orale

  


  

Textes de référence et publications

 

Un blog (en chinois) consacré à l’auteur et à son œuvre : http://blog.sina.com.cn/s/articlelist_2795939023_0_1.html

 

Publications par ordre chronologique (nouvelles, recueils et romans)

http://blog.sina.com.cn/s/blog_4db0545b01019m1n.html

 


 

Traductions en français

 

- Toujours le premier à la tâche, in Littérature chinoise 1974.1, pp. 38-58

- Les enfants de Xisha, trad. Liang Paitchin, préface de Michelle Loi, Alfred Eibel éditeur, coll. La Chine d’aujourd’hui, Lausanne 1976

- Ma plume au service du prolétariat, Alfred Eibel éditeur, coll. La Chine d’aujourd’hui, Lausanne 1976

- Nouvelles de la campagne chinoise, recueil de douze nouvelles, trad. notes et présentation de Claire Jullien, Claude Lafue et Chantal Séguy, préface de Michelle Loi, éditions Mazarine 1980.

 


 

Adaptations cinématographiques

 

Deux films réalisés par Lin Nong (林农) au Studio de Changchun 长春电影制片厂

- Bright Sunny Skies 《艳阳天》1973

- The Golden Road 《金光大道》coréalisé avec Sun Yu (孙羽), 1975

 

Un film réalisé par Shui Hua (水华) au Studio de Pékin 北京电影制片厂
- Children of Xisha 《西沙儿女》1976

 


 


II. Les nouvelles de Hao Ran

III. La figure du héros chez Hao Ran
 

 

Bright Sunny Skies, le film (1973)

 


 

A lire en complément


Brève histoire de la littérature pendant la Révolution culturelle
 

 

 


[1] Les Enfants de Xisha, trad. Liang Paitchin, Alfred Eibel éditeur, collection La Chine d’aujourd’hui, Lausanne 1976.

[2] La Campagne de critique de Lin Biao et de Confucius (pī Lín pī Kǒng yùndòng 批林批孔运动) a été lancée en 1973 par Mao Zedong et Jiang Qing. C’est une extension de la campagne antérieure contre Lin Biao, ex bras droit de Mao accusé d’avoir fomenté un complot pour l’assassiner et mort dans des conditions mystérieuses en septembre1971. La campagne a duré jusqu’à l’arrestation de la Bande des quatre, un tournant au début de 1975 pour attaquer indirectement le premier ministre Zhou Enlai.

[3] En particulier « Ma plume au service du prolétariat », traduction parue chez Alfred Eibel, collection La Chine d’aujourd’hui, 1976.

[4] Préface aux « Enfants de Xisha », p. 24.

[5] Revue lancée en 1958, au début du Grand Bond en avant.

[6] En particulier dans « Ma plume au service du prolétariat », et dans son interview avec Kai Yu-hsu, éditée en traduction anglaise dans « The Chinese Literary Scene, a Writer’s Visit to the People’s Republic », Vintage Books 1975.

[7] Dans sa préface à la traduction des « Enfants de Xisha », p. 12.

 

 

     

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

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